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Windows 10 : un an après la fin du support, pourquoi tant de TPE sont encore exposées

Publié le 12 octobre 2026.

Plusieurs ordinateurs anciens empilés, symbole du parc informatique vieillissant d'une TPE

Le 14 octobre 2025, Microsoft a définitivement arrêté le support de Windows 10. Un an après, en octobre 2026, une part significative des ordinateurs dans le monde tourne toujours sous ce système : selon Statcounter, Windows 11 atteint environ 71,5 % de parts de marché sur les PC Windows en septembre 2026, contre environ 27,8 % encore sous Windows 10. Dans beaucoup de TPE et petites structures, cette minorité n'a rien d'anecdotique : ce sont souvent les postes de caisse, d'atelier, de secrétariat ou de comptabilité qui n'ont jamais été migrés.

Ce n'est pas une négligence isolée. C'est un problème structurel, aux causes identifiables, et surtout aux solutions concrètes. Voici ce que la fin de support signifie vraiment, pourquoi tant de TPE sont encore exposées un an après, et comment auditer et sécuriser son parc sans tout changer dans la panique.

Ce que signifie concrètement la fin de support de Windows 10

La fin de support, annoncée et confirmée par Microsoft, n'est pas une coupure brutale : les ordinateurs sous Windows 10 continuent de démarrer et de fonctionner normalement. Ce qui change, c'est ce que Microsoft ne fournit plus depuis le 14 octobre 2025 :

  • Plus aucune mise à jour de sécurité. Chaque faille découverte dans Windows 10 après cette date ne sera jamais corrigée par un correctif officiel, sauf pour les appareils inscrits au programme ESU (voir plus bas).
  • Plus de correctifs de fonctionnalités ni de support technique auprès de Microsoft en cas de problème.
  • Un effet d'entraînement sur les logiciels tiers : antivirus, navigateurs et logiciels métier cessent progressivement, eux aussi, de garantir leur compatibilité avec un système non maintenu.

Microsoft le résume sans ambiguïté sur sa page officielle : un PC sous Windows 10 continuera de fonctionner, mais sera « plus vulnérable et exposé aux virus et malwares » faute de correctifs de sécurité réguliers. C'est le cœur du problème : chaque mois qui passe sans correctif est un mois de plus où les failles découvertes restent ouvertes, sans date de fermeture.

Pourquoi tant de TPE sont encore sous Windows 10 un an après

D'après les dirigeants de Dell et HP cités par la presse spécialisée, environ la moitié des PC dans le monde tournaient encore sous Windows 10 un mois avant l'échéance d'octobre 2025. La bascule s'est accélérée depuis, mais loin d'être achevée. Dans une TPE, plusieurs freins concrets expliquent ce retard :

  • La compatibilité matérielle de Windows 11. Windows 11 exige une puce TPM 2.0, un processeur compatible et le Secure Boot. De nombreux postes achetés entre 2015 et 2019, encore parfaitement fonctionnels pour un usage bureautique, sont tout simplement incompatibles : ils ne peuvent pas migrer sans changer de machine.
  • Le coût du renouvellement. Remplacer plusieurs postes d'un coup représente un budget que beaucoup de TPE reportent, surtout quand les machines actuelles « fonctionnent encore très bien ».
  • Des logiciels métier anciens (caisse, gestion commerciale, matériel de production piloté par PC) parfois certifiés uniquement sur une version ancienne de Windows, ce qui dissuade toute mise à jour de peur de casser un outil de travail critique.
  • La méconnaissance du risque réel. Beaucoup de dirigeants assimilent « l'ordinateur fonctionne » à « l'ordinateur est sûr ». Ce sont deux choses différentes depuis le 14 octobre 2025.
  • L'absence d'inventaire du parc. Dans une petite structure sans service informatique, personne n'a toujours une vision claire de quelle machine tourne sous quelle version de Windows.

Les risques concrets d'un poste resté sous Windows 10

Le danger n'est pas théorique, il s'accumule avec le temps :

  • Une surface d'attaque qui grandit chaque mois. Les chercheurs en sécurité continuent de découvrir des vulnérabilités dans le code de Windows 10, partagé en grande partie avec Windows 11. Sans les correctifs réservés aux systèmes supportés, ces failles restent ouvertes indéfiniment sur les postes non protégés.
  • Un poste non patché est une porte d'entrée privilégiée pour un ransomware. Les attaquants automatisent le balayage de machines vulnérables : un seul poste comptable ou de caisse compromis peut suffire à chiffrer l'ensemble du réseau d'une TPE. Voir notre guide que faire en cas de rançongiciel pour les premiers réflexes si cela arrive.
  • Une non-conformité potentielle avec son assurance cyber. De plus en plus de contrats d'assurance cyber incluent des clauses sur le maintien à jour des systèmes. Un parc tournant sur un système non supporté peut être un motif de refus d'indemnisation en cas d'incident : à vérifier précisément avec son assureur, contrat en main.
  • Un risque en cascade sur les données de tiers. Un poste compromis qui contient des données clients ou salariés engage aussi des obligations RGPD : voir notre guide RGPD pour les TPE de l'Yonne.
  • Des identifiants exposés ailleurs, plus faciles à exploiter. Une fuite de données chez un prestataire ou une administration (voir notre article sur la fuite de données revendiquée chez un prestataire d'Infogreffe) devient bien plus dangereuse si elle touche un identifiant réutilisé sur un poste non protégé par les correctifs de sécurité les plus récents.

Le programme ESU : une rallonge, pas une solution durable

Microsoft propose un programme d'Extended Security Updates (ESU) pour prolonger la réception de correctifs de sécurité critiques au-delà du 14 octobre 2025, sans fournir de nouvelles fonctionnalités ni de support technique général.

Pour les particuliers, l'inscription à l'ESU consumer peut être gratuite (synchronisation des paramètres via un compte Microsoft), via 1 000 points Microsoft Rewards, ou par un paiement unique d'environ 30 $, et couvre une période limitée (jusqu'en octobre 2026 pour la première échéance, prolongeable jusqu'en octobre 2027 pour certains marchés).

Pour les entreprises, le programme ESU commercial se paie par appareil et double chaque année, sur trois ans maximum :

PériodeCoût par poste
Année 1 (oct. 2025 – oct. 2026)61 $ US
Année 2 (oct. 2026 – oct. 2027)122 $ US
Année 3 (oct. 2027 – oct. 2028)244 $ US

Pour une TPE équipée de 10 postes qui voudrait rester sous Windows 10 jusqu'au bout des trois années, la facture totale de l'ESU commercial avoisine 4 270 $ US, sans compter qu'il ne couvre toujours que les correctifs de sécurité critiques, pas le support ni les mises à jour fonctionnelles. L'ESU doit se voir comme un sursis payant pour planifier une migration, pas comme une alternative durable à la mise à niveau.

Les options concrètes pour sécuriser son parc TPE

Pas de solution unique : la bonne option dépend de chaque poste. Voici la logique à suivre machine par machine.

  • Vérifier la compatibilité Windows 11 avec l'outil PC Health Check de Microsoft (TPM 2.0, processeur compatible, Secure Boot). Si le poste est compatible, la mise à niveau est gratuite et doit être priorisée.
  • Si le poste n'est pas compatible mais reste indispensable (logiciel métier non portable, matériel spécifique), l'ESU commercial peut acheter le temps nécessaire pour planifier un remplacement, en acceptant le coût croissant année après année.
  • Envisager une distribution Linux légère pour les postes à usage restreint (navigation, caisse, affichage, terminal de saisie) qui n'ont pas besoin de l'écosystème Windows complet : un bon moyen de prolonger la vie d'un matériel ancien en sortant totalement du problème de support Windows.
  • Renouveler le matériel pour les postes stratégiques (comptabilité, données clients, accès bancaires) où la sécurité ne doit pas dépendre d'un correctif payant renouvelé chaque année.
  • Isoler les postes qui doivent rester sous Windows 10 le temps de la transition : réseau séparé, accès internet restreint, pas de droits d'administration locale, sauvegardes renforcées. Une mesure d'atténuation, pas une solution.

Checklist d'audit du parc informatique en 6 points

  • 1. Lister chaque poste avec sa version de Windows (10 ou 11), son âge et son usage principal.
  • 2. Tester la compatibilité Windows 11 de chaque poste encore sous Windows 10 avec PC Health Check.
  • 3. Identifier les logiciels métier critiques installés sur ces postes et vérifier leur compatibilité annoncée avec Windows 11 auprès de l'éditeur.
  • 4. Vérifier son contrat d'assurance cyber : contient-il une clause sur le maintien à jour des systèmes d'exploitation ?
  • 5. Prioriser les postes exposés : ceux connectés à internet, qui traitent des données clients, ou qui ont accès aux comptes bancaires ou à la messagerie professionnelle en premier.
  • 6. Planifier un calendrier de migration étalé (3 à 12 mois selon le budget), plutôt que de tout reporter encore une fois en se fiant uniquement à l'antivirus.

Comment j'interviens

Pour une TPE de l'Yonne, je réalise un audit complet du parc : inventaire des postes, test de compatibilité Windows 11, vérification des logiciels métier, puis un plan de migration réaliste poste par poste (mise à niveau, ESU temporaire, bascule vers une distribution Linux légère ou renouvellement ciblé). L'objectif n'est pas de tout changer en une fois, mais de retirer en priorité les postes qui exposent réellement votre activité. Voir aussi notre page cybersécurité pour les entreprises de l'Yonne et notre guide comprendre l'infogérance pour une TPE/PME pour une approche globale de votre informatique.

Questions fréquentes

Mon ordinateur sous Windows 10 va-t-il s'arrêter de fonctionner ? Non. L'appareil continue de démarrer et de faire tourner ses logiciels normalement. Ce qui s'arrête, c'est la réception des correctifs de sécurité de Microsoft, ce qui rend l'exposition aux failles non corrigées croissante avec le temps.

L'antivirus suffit-il à compenser l'absence de mises à jour Windows ? Non. Un antivirus détecte des menaces connues, il ne corrige pas les failles du système d'exploitation lui-même. Une vulnérabilité Windows non corrigée reste exploitable même avec un antivirus à jour.

L'ESU gratuit pour particuliers s'applique-t-il à une entreprise ? Non. Le programme ESU consumer (gratuit ou à 30 $) est réservé aux comptes personnels Microsoft. Une entreprise doit passer par le programme commercial via licences en volume, payant dès la première année (61 $ par poste), avec un prix qui double chaque année suivante.

En résumé : un an après la fin de support, une part importante des PC — et une part non négligeable des parcs de TPE — tourne encore sous Windows 10, pour des raisons de coût, de compatibilité matérielle ou de méconnaissance du risque. Chaque mois qui passe sans correctif augmente l'exposition réelle, pas seulement théorique, au ransomware et aux failles non corrigées. Un audit du parc, poste par poste, permet de prioriser les bons choix sans tout changer dans l'urgence. Besoin d'un audit de votre parc informatique ? Contactez GLSM.

Sources

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