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Fuite de données chez un prestataire d'Infogreffe : comment une TPE réagit

Mis à jour le 11 octobre 2026.

Grille de cadenas fermés dont un seul, rouge, est ouvert

Depuis le 10 octobre 2026, plusieurs sites spécialisés dans le suivi des fuites de données (Fuites Infos, Cyberattaque.org, FrenchBreaches) relaient la revendication d'une fuite visant un prestataire lié à Infogreffe, le registre national du commerce et des sociétés. L'auteur de la revendication est identifié différemment selon les sources : LunarisSec selon Cyberattaque.org, « TimeSape » selon FrenchBreaches. Cette identité n'est pas établie avec certitude. L'acteur revendique avoir obtenu 3 708 531 lignes de données liées au registre des sûretés mobilières.

Pour une TPE, ce type d'annonce déclenche souvent deux réactions opposées : l'inquiétude disproportionnée face à un chiffre qui donne le vertige, ou l'indifférence (« ça ne me concerne pas, je ne suis pas Infogreffe »). Les deux sont des erreurs. Voici ce qui est aujourd'hui établi, ce qui reste à confirmer, et surtout comment évaluer concrètement votre exposition et réagir, sans attendre une communication officielle qui, à ce stade, n'existe pas.

Ce que montre l'échantillon publié

Un échantillon des données revendiquées a été analysé de façon indépendante. Il correspond à des journaux d'authentification (logs de connexion) d'une application liée au registre des sûretés mobilières, couvrant une période allant du 24 juillet au 10 octobre 2026. Ce qui est vérifié dans cet échantillon :

  • 244 adresses e-mail distinctes, saisies lors de tentatives de connexion à cette application (une tentative de connexion ne prouve pas l'existence d'un compte).
  • Selon Fuites Infos, l'échantillon ne contient aucun mot de passe ni aucune clé, seulement des noms de paramètres.
  • Pour chacune, des adresses IP et des horodatages précis de connexion.
  • Aucune confirmation indépendante, à ce stade, de contenu allant au-delà de ces journaux d'authentification sur l'échantillon analysé.

Infogreffe n'a publié, à l'heure où cet article est rédigé, aucune communication officielle confirmant ou infirmant l'incident. Cette absence de réaction publique ne permet ni de confirmer ni d'écarter la revendication : elle signifie seulement qu'aucune source officielle n'est encore disponible.

Ce qui est revendiqué mais non confirmé

L'acteur à l'origine de la publication va beaucoup plus loin que l'échantillon vérifié. Il revendique :

  • une compromission complète du système d'information concerné, et non la seule exposition de journaux d'authentification ;
  • l'exfiltration de mots de passe, de clés secrètes applicatives et d'un accès à une base PostgreSQL ;
  • un volume total de 3 708 531 lignes de données concernées par la fuite (une base peut contenir plusieurs lignes pour une même personne : le nombre de personnes réellement concernées est inconnu).

Aucun de ces trois points n'a, à ce jour, été vérifié de façon indépendante. Il est important de le dire clairement : un chiffre annoncé par l'auteur revendiqué d'une fuite n'est pas une preuve, c'est un argument de communication qui sert aussi à donner du poids à la revendication. Tant qu'une analyse indépendante plus large ou une communication officielle d'Infogreffe ne vient pas le corroborer, ce chiffre de 3 708 531 lignes doit être traité comme une allégation, pas comme un fait établi.

Vous pensez être concerné par cette fuite ?

Vous avez un compte lié à Infogreffe, au registre des sûretés mobilières, ou vous craignez une exposition similaire sur l'un de vos outils ? Ne restez pas dans l'incertitude. Contactez GLSM en urgence pour évaluer votre exposition réelle et les mesures à prendre.

Contacter GLSM en urgence

Pourquoi cela concerne aussi les TPE, pas seulement Infogreffe

Infogreffe est un registre public utilisé par la quasi-totalité des entreprises françaises : extraits Kbis, formalités, consultation de sûretés (nantissements, gages, privilèges). Beaucoup de TPE et d'artisans y ont un compte, directement ou via leur expert-comptable, pour déposer ou consulter des formalités. Même sans compte personnel, votre entreprise existe dans ce registre dès qu'elle est immatriculée : raison sociale, SIREN, dirigeants, sûretés éventuelles sur votre fonds de commerce ou votre matériel.

Trois angles d'exposition possibles pour une TPE, à distinguer selon ce qui est confirmé ou non :

  • Votre adresse e-mail professionnelle comme identifiant sur ce service : c'est le point confirmé par l'échantillon analysé. Si vous (ou un collaborateur) utilisez une adresse professionnelle pour vous connecter à des services liés au registre des sûretés mobilières, cette adresse peut figurer dans le lot authentifié entre le 24 juillet et le 10 octobre 2026.
  • La réutilisation d'un mot de passe : si la compromission plus large revendiquée (mots de passe, clés secrètes) s'avérait confirmée, le risque principal pour une TPE serait le credential stuffing : un mot de passe réutilisé ailleurs (messagerie, banque en ligne, logiciel de comptabilité) devient une porte d'entrée.
  • Les données d'identité d'entreprise elles-mêmes (Kbis, sûretés) utilisées pour du phishing ciblé ou de l'usurpation : un risque générique lié à Infogreffe en tant que registre, indépendant du volume réellement exposé dans cet incident précis.

Comment évaluer concrètement son exposition

Pas de panique, mais une vérification méthodique, en quatre étapes :

  • 1. Listez les adresses e-mail professionnelles utilisées sur des services liés à Infogreffe (vous-même, votre comptable, un associé) entre fin juillet et le 10 octobre 2026.
  • 2. Vérifiez si ces adresses apparaissent dans des bases de fuites connues, via un outil de vérification de référence comme Have I Been Pwned. Une apparition ne prouve pas que cette fuite précise en est la source, mais elle doit déclencher un changement de mot de passe par prudence.
  • 3. Changez les mots de passe des comptes concernés, et de tout compte où ce même mot de passe aurait été réutilisé. Voir notre guide sur la gestion des mots de passe en entreprise si ce n'est pas déjà en place.
  • 4. Activez la double authentification (MFA) partout où c'est possible, en priorité sur la messagerie professionnelle et les accès à vos outils comptables ou administratifs.

Les bons réflexes si vous pensez être concerné

Si la vérification révèle une exposition probable, ou si vous avez un doute sérieux, les réflexes sont les mêmes que pour toute fuite de données confirmée ou revendiquée :

  • Changez immédiatement le mot de passe du ou des comptes concernés, sans attendre une confirmation officielle : le coût d'un changement de mot de passe est nul, celui d'une intrusion ne l'est pas.
  • Surveillez les tentatives de connexion inhabituelles (IP inconnue, horaire incohérent) sur vos comptes professionnels, si votre outil le permet.
  • Méfiez-vous des e-mails et appels se présentant comme Infogreffe, votre greffe ou un service d'assistance dans les semaines qui suivent une annonce de ce type : c'est le moment où le phishing opportuniste se multiplie, qu'il exploite réellement la fuite ou non.
  • Si des données personnelles de clients ou de salariés sont concernées (pas seulement vos propres identifiants), une notification à la CNIL sous 72 heures peut être une obligation RGPD : voir notre guide RGPD pour les TPE de l'Yonne.
  • Si vous soupçonnez une intrusion active (pas seulement une exposition de données passées), les réflexes sont ceux d'une cyberattaque en cours : isolez, ne payez rien, déclarez. Voir notre guide que faire en cas de rançongiciel, dont les premiers réflexes s'appliquent largement.

Comment j'interviens

Face à une annonce de ce type, le plus utile pour une TPE n'est pas de réagir au chiffre qui circule, mais d'obtenir une évaluation factuelle de sa propre exposition. Concrètement, j'interviens sur : la vérification de vos adresses et identifiants professionnels dans les bases de fuites connues, l'audit rapide de vos accès aux services sensibles (Infogreffe, impôts, banque en ligne, logiciels métier), la mise en place de la double authentification et d'un gestionnaire de mots de passe si ce n'est pas déjà fait, et l'accompagnement dans vos obligations si des données de tiers sont concernées. Voir aussi notre page cybersécurité pour les entreprises de l'Yonne pour une vue d'ensemble.

Ce que cette affaire rappelle, au-delà d'Infogreffe

Quel que soit le volume réel de cette fuite précise, l'épisode illustre un principe permanent : vos données d'entreprise circulent chez de nombreux prestataires et administrations (registre du commerce, impôts, banque, assurance, logiciels métier), et vous ne contrôlez pas leur niveau de sécurité. Ce que vous contrôlez, c'est votre propre hygiène numérique : mots de passe uniques, double authentification, sauvegardes, et une vigilance normale face aux e-mails suspects dans les semaines qui suivent une annonce de fuite, confirmée ou non. Ce risque se cumule avec celui de vos propres postes de travail : un identifiant exposé ailleurs devient bien plus dangereux sur une machine non protégée, par exemple un poste resté sous un système d'exploitation sans correctifs de sécurité. Voir notre article Windows 10 : un an après la fin du support, pourquoi tant de TPE sont encore exposées.

Questions fréquentes

Infogreffe a-t-il été piraté ? À ce jour, un acteur revendique une fuite liée à un prestataire d'Infogreffe. Un échantillon de journaux de connexion a été confirmé de façon indépendante. La compromission plus large revendiquée (mots de passe, base de données, 3 708 531 lignes de données) n'est pas confirmée, et Infogreffe n'a fait aucune communication officielle à ce stade.

Dois-je changer mon mot de passe Infogreffe par précaution ? Oui, si vous ou un collaborateur avez utilisé un compte lié aux services du registre des sûretés mobilières entre fin juillet et le 10 octobre 2026. Un changement de mot de passe ne coûte rien et retire un risque réel même en cas de doute.

Comment savoir si mon entreprise est concernée sans attendre une communication officielle ? Vérifiez vos adresses e-mail professionnelles dans des services de vérification de fuites reconnus, changez les mots de passe par prudence, et activez la double authentification. C'est la seule action fiable en l'absence de confirmation officielle du volume réel exposé.

En résumé : une fuite est revendiquée et partiellement confirmée (journaux d'authentification), mais le volume de 3 708 531 lignes de données et la compromission complète restent non confirmés à ce jour. Ne réagissez pas au chiffre qui circule, réagissez à votre exposition réelle : vérifiez, changez vos mots de passe, activez la double authentification. Un doute sur votre exposition ? Contactez GLSM.

Sources

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